Janvier 18
Janvier 2018 en Jurançon

 

Les vignerons de la Route des Vins du Jurançon vous souhaitent une belle et heureuse année 

 


Clos Joliette, un vin d’éternité

Il porte en lui toute l’histoire viticole du Béarn et la vision de familles qui ont su s’effacer devant l’évidence du terroir mais aussi rêvé le miracle de grands vins de Jurançon, pour construire, avec amour, des millésimes mythiques. La légende d’un vin d’or.

Clos Joliette est-il le plus grand vin de Jurançon ? On laissera la réponse en suspens. Il s’agit, là, d’un vignoble atypique et reconnu comme tel. Une mini-parcelle de vigne de 1 hectare 85, plantée en 1929, tout près de la maison du vigneron. Ici, le petit manseng est en son terroir. Et il n’est pas un arpent qui ne puisse y produire des millésimes mythiques. Les vignes ont pris racine sur un coteau d’altitude, une pente si difficile à exploiter que l’on a réaménagé le petit îlot en terrasses et aboli le treuil. On est au cœur de cet amphithéâtre naturel de Chapelle-de-Rousse, accroché au versant sud du plissement, onde de choc de collision de plaques lors de la surrection des Pyrénées. Un terroir précieux pour ses poudingues à galets, venus de la profondeur de la terre, roulés par les torrents et les glaciers. Car il faut compter avec les divins cailloux du Ponto-Pliocène ; ce sont eux qui filtrent les eaux de pluie, drainent les pieds, restituent la chaleur vespérale, subliment la maturité des baies. La vigne, conduite haute, s’expose au soleil levant. C’est dans cet incroyable écosystème, sous influence du Balaguère – un vent du sud, soufflé d’Espagne – que se compose l’alchimie secrète de la couleur des arômes et des saveurs de ce vin d’or. « Joliette », c’est du nectar ! A lui seul une appellation contrôlée. Le cépage blanc, tardif, s’étourdit dans le soleil d’automne. Les grappes saturées de lumière et de chaleur continuent de mûrir, de confire, de flétrir, sans se corrompre, jusqu’aux frimas de l’hiver. Un temps végétal propice au passerillage. Dans cette maturation lente, la texture du raisin s’est radicalement modifiée. Le grain devenu jaune, tavelé, presque totalement vidé de ses substances liquides, accède à la concentration extrême de ses sucs ; la quintessence d’un vin qui peut aussi bien passer du moelleux au sec, selon les millésimes. Un vin imprévisible, soumis aux humeurs du ciel. Un vin très spécial qui demande une approche sensible, presque intellectuelle. C’est comme s’il s’activait à multiplier les dimensions, d’abord fruitées, avec des touches confites, ultra-exotiques d’agrumes, puis florales, dans le parfum de la rose fanée. Et finalement vibrer sous les arômes de truffe blanche et de sous-bois ; pour conserver le mystère des vendanges dorées. Sucre et acidité ! L’équilibre voluptueux, fragile et aérien du petit manseng, insolent vertige entre douceur et indicible fraîcheur.

Une sublime et singulière complexité

On ne peut oublier l’empreinte laissée par Jeanne Migné, à la hauteur du micro-domaine pour avoir réalisé des merveilles. Mis en vente, en 1989, « Joliette » est acquis par Michel Renaud, caviste, installé place de la Nation, à Paris, qui en tombe amoureux. Porté par une philosophie hédoniste, il investit sur le précieux terroir et fait de la minuscule parcelle, le firmament de sa cave. Pour autant, point de révolution. Pour garder la pureté originelle du cru, il faut respecter les pratiques culturales et œnologiques, tout en restant fidèle aux fondamentaux. À peine 8 à 10 barriques par an, sans assemblage ; soit, tout au plus, 1500 bouteilles, pour que le mythe perdure. Les vendangeurs, partis à l’assaut des vieux ceps, ont pour objectif de ne récolter que le meilleur des grappes. Grapillon par grapillon, seules les baies « à point » sont prélevées. Une quête systématique des tries qui donne un rendement microscopique, de l’ordre de 10 hectolitres par hectare, autrement dit… trois fois rien ; un unique verre par souche. En cave : « ne rien faire et tout faire », selon le principe taoïste. Pas de méthodologie, mais une véritable alchimie naturelle pour la vinification et l’élevage. Le raisin passé, en toute douceur dans le fouloir cannelé en buis, génère un moût intense, entonné en barriques de chêne – de château d’Yquem – où la fermentation prendra son temps. Le jus, magnifié par les levures indigènes, deviendra vin. Un vin divin, élevé quatre années pour le moelleux, trois pour le sec, mis en bouteille sans collage ni filtration. Un vin qui se fie à la bienveillance de la nature et qui relève de la magie du terroir. Un seul et unique « Joliette ». Spectacle impressionnant que ces bouteilles endormies dans la cave en terre battue, un brin poussières, reconnaissables entre mille à leur étiquette. Sur les murs en galets, un bienfaisant champignon – du mycélium – participe au mûrissement de ce très grand Jurançon. Un vin de folie « chassé » par les collectionneurs qui ne rêvent que d’une chose ; mettre la main sur l’un des rares flacons. Autant de tentations ! Deux ans après le départ de Michel Renaud, on ne peut échapper à cette question : « Et après ? » « Respecter l’ADN des lieux, l’esprit du vin et surtout protéger le Clos en faisant appel à des amoureux de ce petit patrimoine. » Dans le secret et la nuit des chais, le vin fruité et pâle s’habille d’or.

Lucie d’Incau


Exposition "Beauté de Nature"
de Rupert Soskin, photographe.

L'exposition dure jusqu'au 14 janvier 2018 à La Commanderie de Lacommande

Entrée libre mercredi, samedi, dimanche de 14 h à 18 h. 

Photographe, auteur, présentateur, naturaliste et explorateur, voilà en quelques mots les multiples facettes du talent de Rupert Soskin.

savoir + 


 La Maison du Jurançon est ouverte 

  • Jusqu'au 13 janvier  2018:

du mardi au samedi de 11 h à 18 h 

 

  • A partir du 16 janvier

du mardi au samedi de 14 h à 18 h 


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