Expo : Art Textile Contemporain
Janvier 12

Art Textile Contemporain

Marie Christine Hourdebaigt
Beaux- Arts de Bordeaux et de Toulouse ; professeur d’arts plastiques ; nombreuses participations à des
expositions et lauréate de concours d’art textile.

Patricyan
Ecole des Beaux- Arts de Bayonne ; expositions en France, Italie, Mexique, Colombie, Lituanie ; biennale
de l’art textile contemporain de Mexico : résidences d’artistes.

Gertrud Varailhon
Ecole de la bijouterie de Pforzheim en Allemagne ; université des Beaux-Arts de Montréal ; expositions en
France et en Italie ; participation à l’exposition « miniaturtextil » de Côme.

une réalisation du Foyer de Bardos et du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques

Vernissage le jeudi 5 juillet à 18h00
(places limitées, il est prudent de confirmer votre présence au 05 59 82 70 30)

ouverture au public en juillet et août : tous les jours de 10h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h00

dossier complet de présentation et photos en téléchargement

article de Michel Lacoste

 

L'art textile, souvent méconnu du public est considéré parfois comme un domaine mineur où s'illustreraient particulièrement les dames dans des travaux d'aiguille. Le préjugé semble tenace malgré les décennies qui se sont écoulées depuis les grands bouleversements survenus dans le domaine de la tapisserie
et qui ont donné naissance à cette nouvelle forme d'art.
A partir des années soixante, l'art de la tapisserie s'émancipe des règles et des contraintes qui étaient les siennes : le carton, la trame, les matériaux traditionnels (la laine, la soie et le coton) et même le mur destiné à être orné. Les oeuvres prennent alors des formes variées, parfois tridimensionnelles, utilisant les matières les plus diverses, associant les fibres textiles à tout autre matériau issu du monde végétal ou organique, parfois même industriel. Par un travail intime et incessant qui puise à la fois à la tradition et à l'innovation des avant-gardes les artistes expriment avec force leur univers personnel en même temps que les préoccupations suscitées par le monde dans lequel ils vivent.


Art mineur, art « féminin », art à but uniquement décoratif, voilà ce que n'est pas l'art textile contemporain.
Trois femmes, pourtant, en font ici la démonstration. Trois artistes dont les univers esthétiques très différents montrent de façon complémentaire la filiation avec l'art ancestral du textile en même temps qu'une exploration audacieuse de nouvelles formes d'expression. Marie-Christine Hourdebaigt, Patricyan et
Gertrud Varailhon ont exposé dans de nombreux lieux et souvent participé à des manifestations consacrées à l'art textile. Toutes trois vivent et travaillent dans la région, mais elles ne se sont jamais rencontrées. Les oeuvres qu'elles présentent dans les salles de La Commanderie entament entre elles un dialogue fécond qui entraîne le visiteur vers des horizons insoupçonnés.

Marie-Christine Hourdebaigt utilise le lin, la soie, le chanvre, le coton, la laine, mais aussi des matières synthétiques, toutes matières qu'elle travaille, tord, enroule, troue, teint, coud ou pique, tantôt avec délicatesse, tantôt avec rudesse, pour donner naissance à des oeuvres étonnantes chargées de rêve, de
méditation et d'un rapport charnel au monde. Chez elle, les textures traditionnelles sont explorées,
exploitées, étirées jusqu'à en révéler le caractère secret qui les relie au reste du monde sensible : telle laine devient peau ; telle étoffe, terre de désert ; telle broderie, entrelacs...

Patricyan, elle, s'empare de grillage, de tulle d'aluminium et de laine d'inox pour réaliser ses oeuvres. Un travail de force, éprouvant, qui blesse et qui coupe, pour donner à ces matériaux pauvres et rudes, l'aspect précieux et délicat de broderies baroques. Détournement du savoir-faire ancestral des femmes autour du fil, du textile, de la dentelle en le soustrayant à sa destination fonctionnelle. De ses doigts magiques naissent des formes sculptées qui semblent issues de rêves les plus étranges : métamorphoses et mues d'un bestiaire fantastique coloré et précieux qui dit la vie palpitante et la quête ardente et obstinée d'un prodigieux renouveau.

Gertrud Varailhon, avec des moyens tout autres, allie aussi le monde animal et le monde végétal. Elle ne brode, ni ne coud, ni ne pique ! Mais elle assemble, sur du grillage, une à une des milliers d'aiguilles de
pin qu'elle ramasse dans la forêt des Landes, son territoire. Elle en fait des pièces monumentales, sorte de dépouilles de quelque bête fantastique et vouées à orner le mur du Château de l'Ogre. Parfois aussi ses compositions prennent forme humaine, mais d'humain à figure de géant ! La couleur, primaire toujours, vient parfois rythmer la composition. Et toujours, de ce travail minutieux et patient comme celui d'une dentelière naît une oeuvre gigantesque (dont le poids parfois atteint plusieurs dizaines de kilos...), qui sent la bête, la terre et l'arbre. Et si Patricyan évoque l'influence de Louise Bourgeois et de l'égyptienne Ghada Amer, c'est au grand artiste catalan, Grau Garriga que l'on pense à propos de Gertrud Varailhon, lui dont les grandes compositions disent aussi le lien avec le règne végétal et animal.

Trois artistes, trois femmes puissantes !
Elles allient à une délicatesse qu'on dit féminine la force qu'on attribue aux hommes pour produire des oeuvres d'une grande qualité esthétique.
Pour le visiteur, se promener au milieu de ces univers ce sera entreprendre l'exploration de nouveaux continents.

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